ATOMIC CINEMA
GESTES DU CINÉMA EXPÉRIMENTAL - VOLET I

past programs

 

LA SEULE CRITIQUE DÉFINITIVE EST LA CRÉATION.
MAURICE LEMAÎTRE, NOVEMBRE 1954.


Quatre fois quatre programmes pour introduire à certains gestes élémentaires du cinéma expérimental. Pratique de l'intranquillité, de la critique, du déplacement, de la naissance, le cinéma expérimental, sous ses formes documentaires poétiques comme chez Alberto Cavalcanti, Georges Lacombe, Fischinger ou Hans Scheugl, sous ses formes descriptives pures comme chez les premiers inventeurs, Marey, Demenÿ, Edison, Lucien Bull, sous ses formes autobiographiques, mélancoliques (Jonas Mekas) ou pamphlétaires (Isidore Isou), ramène toujours le cinéma au plan de sa nécessité vitale.
Prochains programmes :
Volet II : Analyser I et II ; proposer ; jouir.
Volet III : Approfondir ; renverser ; détourner ; élargir.
Volet IV : Simplifier ; découvrir ; croiser ; conserver.


VENDREDI 13 NOVEMBRE 21H. THE ACT TO SEE WITH ONE OWN'S EYES

MÜNCHEN-BERLIN WANDERUNG
de Oskar Fishinger, All., 1927, 4'
Le mouvement continu du voyage épouse celui de la pellicule discontinue.

LA ZONE
de Georges Lacombe, Fr., 1928, 20'
Aller voir, défricher la zone, déplier le documentaire sur ses puissances plastiques, scénographiques et critiques.

RIEN QUE LES HEURES
de Alberto Cavalcanti, Fr., 1926, 45'
Avec Blanche Bernis, Nina Chouvalowa, Philippe Hériat, Clifford McLaglen
Dans Rien que les heures, première des grandes Symphonies urbaines de la fin des années 20, il y a déjà à peu près tout le cinéma expérimental, de l'exigence descriptive caractéristique de Paul Strand ou James Agee au surréalisme onirique, de la poésie rythmique au readymade destructeur.

(CALCUTTA) GO
de Hans Scheugl, All., 1993, 9'
Le mouvement discontinu du voyage épouse celui de la pellicule continue.


VENDREDI 27 NOVEMBRE 19 H. INVENTER

« Un enregistrement est aussi (l'étymologie le valide) un registre d'expérience, un livre de comptes auquel on accède page par page, image par image, serait-ce dans le désordre - un jeu de cartes que l'on abat dans l'attente d'en tirer le joker, cette image dans laquelle on verra autre chose (et si l'on projetait le film, la chose ne serait plus qu'un image subliminale). » Michel Frizot, in La persistance des images, 1996.
Si l'on connaît bien les travaux de Marey, de Muybridge et d'Edison, ceux de Demenÿ sur la mise en scène et ceux, éblouissants, de Lucien Bull sur le ralenti, méritent largement de trouver leur juste place dans l'histoire des formes cinématographiques : aux côtés de leur patron, Etienne-Jules Marey, c'est-à-dire au tout premier rang des inventeurs du siècle, là où s'abolit la différence entre le projet scientifique et le génie artistique.

FILMS CHRONOPHOTOGRAPHIQUES
de Étienne-Jules Marey, Fr., 1890-1900

FILMS
de Georges Demenÿ, Fr., 1892-1900

FILMS OF THE 80S
par la Edison Company Film, É.-U., 1894-1897

CINÉMATOGRAPHIE ULTRA-RAPIDE
de Lucien Bull, Fr., 1904-1911


VENDREDI 27 NOVEMBRE 20H 30. CHERCHER

Au cours de Lost, Lost, Lost, on peut voir Jonas Mekas, displaced Person à peine revenue de la guerre, déplacer le cinéma de ses formes classiques à ses formes expérimentales, en un long et subtil mouvement exploratoire, simultanément introspectif et réflexif.
« LA POLICE DE NEW YORK SAISIT MON JOURNAL FILMÉ. 22 juin [1967] : Viens de rentrer à New York. À l'aéroport, le douanier a regardé mon passeport et a dit : "Hum, vous avez des problèmes devant les tribunaux avec les films." Il est rentré dans son bureau, en est ressorti deux minutes après et m'a donné tous les détails de ma vie. Ils semblent avoir un bon système de fichage, ici. En tout cas, en guise de bon retour au pays, les douanes ont saisi tout mon journal filmé de New York et mon journal filmé européen que j'avais avec moi pour travailler. Cela revient exactement à saisir les carnets de voyage d'un écrivain - mes films sont des carnets de voyage. "Sont-ils obscènes, ces films ?", m'ont-ils demandé. "Oui", ai-je répondu, " ces films montrent des rues de New York et sont quasiment obscènes." Le douanier m'a prié de ne pas plaisanter sur un sujet sérieux. Mais les lois des États-Unis sont très drôles, drôles comme le meurtre. Et pour les changer, on doit se battre. » Jonas Mekas, Ciné-Journal .

LOST, LOST, LOST
de Jonas Mekas, É.-U., 1949-63-1976, 178'


VENDREDI 11 DÉCEMBRE 19H. REFONDER

« ... Ainsi finit la première partie. J'espère que le second chapitre vous semblera plus marrant... » (Traité de bave et d'éternité).
1950, 1951 : apparemment, le cinéma avait déjà commencé. Jean-Isidore Isou et Maurice Lemaître vont tout reprendre et refonder, à partir de leur amour pour la création, de leur violence vitale et de leur pauvreté financière. Leur exemple radical continue aujourd'hui de prouver sa fertilité.
« Mon seul espoir est de reprendre mes pages, infiniment, jusqu'à les rendre infiniment indestructibles, infiniment vivantes.
Ou sinon de vous les laisser, afin que vous les fassiez vivre un peu mieux, un peu plus belles, un peu plus heureuses surtout... » (Maurice Lemaître, Postface à Le cinéma super-expérimental, 1980).

TRAITÉ DE BAVE ET D'ÉTERNITÉ
de Jean-Isidore Isou, Fr., 1951, 120'


Texte et programmation : Nicole Brenez et Pierre d'Amerval